Un enfant sur deux seulement. C’est la réalité que révèle le rapport WUENIC 2026, publié conjointement par l’UNICEF et l’OMS : en République centrafricaine, seuls 44 % des enfants sont vaccinés contre la rougeole, un taux dangereusement éloigné du seuil minimal requis pour empêcher les épidémies de s’installer et de se propager.
Ce chiffre n’est pas qu’une statistique sanitaire. C’est une alerte rouge adressée aux autorités et aux partenaires internationaux : des milliers d’enfants centrafricains grandissent aujourd’hui sans protection contre une maladie pourtant évitable, dans un pays où le système de santé dispose déjà de peu de marges pour absorber une flambée épidémique.
La situation centrafricaine s’inscrit dans un tableau régional préoccupant. L’Afrique de l’Ouest et du Centre enregistre le taux d’abandon le plus élevé au monde entre la première et la troisième dose du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Des enfants qui commencent leur parcours vaccinal mais ne le terminent pas, laissant des brèches béantes dans leur immunité et dans celle de leurs communautés.
Paradoxalement, cette crise survient alors que la couverture vaccinale progresse globalement à l’échelle mondiale. L’Afrique centrale reste à la traîne, non par manque de vaccins disponibles, mais souvent par manque de moyens logistiques, de personnel de santé en nombre suffisant et de financements stables pour maintenir les programmes dans la durée.

